Il étudiait le crime, mais a franchi la ligne. Nasen Saadi, 21 ans, étudiant en criminologie à l’université de Sunderland, a été condamné à la réclusion à perpétuité pour le meurtre brutal d’un homme sans-abri. Il ne voulait pas seulement comprendre le crime… il voulait le vivre. Retour sur une affaire glaçante.
- Un étudiant brillant, mais obsédé par le crime
- Une personnalité dérangeante sous une façade lisse
- Le passage à l’acte : un crime froidement prémédité
- Le verdict : prison à vie
- Des précédents troublants : quand les étudiants franchissent la ligne rouge
- Un malaise grandissant dans les filières criminelles ?
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Un étudiant brillant, mais obsédé par le crime
Nasen Saadi n’était pas un étudiant comme les autres. Passionné par la psychologie criminelle, il passait des heures à étudier les profils de tueurs en série comme Ted Bundy, Jeffrey Dahmer ou Dennis Nilsen. Selon ses camarades de cours, il évoquait souvent l’idée du “meurtre parfait” – un crime sans trace, sans témoin, sans mobile apparent.
Une personnalité dérangeante sous une façade lisse
Selon ses anciens camarades de l’université de Sunderland, Nasen Saadi était “froid, méthodique, et peu expressif”. Il ne socialisait que très peu, mais participait activement aux cours sur les serial killers. “Il connaissait tout sur Ted Bundy, jusqu’aux détails de ses interrogatoires. Il parlait de lui comme d’un modèle d’intelligence criminelle”, témoigne un étudiant sous couvert d’anonymat.
Ses professeurs, quant à eux, se souviennent d’un étudiant “brillant mais très tourné vers la violence extrême”, selon les mots d’un enseignant en psychologie du crime. Il s’intéressait davantage aux meurtres sanglants qu’aux dynamiques de réinsertion ou aux profils de victimes. Une obsession inquiétante, qui ne semblait pas alarmer à l’époque.
Sur les réseaux sociaux, Saadi partageait des citations de tueurs célèbres, des extraits de séries comme Mindhunter ou Dahmer. Il gérait même un compte anonyme sur Reddit, découvert après son arrestation, où il échangeait avec d’autres utilisateurs sur “les failles du système judiciaire” et “comment passer entre les mailles du filet”.
Plus troublant encore : la police a retrouvé dans son ordinateur personnel une liste de “profils types” pour des meurtres à faible risque, incluant les personnes sans domicile fixe, les travailleuses du sexe, ou les marginaux sociaux. L’enquête a révélé que Saadi préparait depuis plusieurs mois un acte criminel froidement planifié, qu’il considérait comme une “expérience de terrain”.
“Il ne voulait pas simplement étudier le crime. Il voulait le comprendre de l’intérieur, en devenant lui-même criminel”, a résumé le procureur lors du procès.
→ Source externe : L’article complet sur Yahoo News
Le passage à l’acte : un crime froidement prémédité
Le 3 juin 2023, Saadi repère sa victime dans les rues de Newcastle : un homme sans-abri, isolé, visiblement affaibli. Il l’aborde, engage la conversation, et gagne sa confiance. Plus tard dans la nuit, il l’attire dans un lieu à l’écart, et le poignarde à mort avec une violence méthodique. Il laisse le corps sur place, sans laisser d’empreintes.
Ce n’est que grâce à la vidéosurveillance que la police a pu remonter jusqu’à lui. Les enquêteurs ont découvert chez Saadi un ordinateur rempli de documents sur des tueurs en série, des plans, des recherches sur “comment commettre le crime parfait” et même… un journal détaillant ses intentions.
Le verdict : prison à vie
Lors du procès, Saadi n’a montré aucun remords. Il a même expliqué avoir agi “par curiosité”, voulant ressentir “ce que ça fait”. Le juge a qualifié son crime de “délibéré, cynique et glaçant”. Il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, avec une période de sûreté d’au moins 30 ans.
La famille de la victime, anéantie, a dénoncé un crime “inutile et monstrueux”. Le pays, lui, s’interroge : comment un jeune censé étudier les criminels a pu en devenir un lui-même ?
Des précédents troublants : quand les étudiants franchissent la ligne rouge
Ce n’est pas la première fois qu’un étudiant bascule dans la violence en s’inspirant de ses propres recherches.
- Reynhard Sinaga : Étudiant en géographie à Manchester, il a agressé sexuellement au moins 136 hommes entre 2015 et 2017. Il filmait ses crimes et les analysait, comme un “journal expérimental”. Il a été condamné à la perpétuité en 2020.
- Stephen Griffiths, surnommé “le tueur à l’arbalète”, étudiait le doctorat en criminologie à Bradford. Il a tué trois femmes entre 2009 et 2010, se décrivant comme un “tueur en série en devenir”.
- En France, l’affaire de la prof d’histoire assassinée à Pau en 2021 par un ancien élève déséquilibré a aussi soulevé des questions sur le suivi psychologique dans les établissements scolaires et universitaires.
Ces affaires montrent que la fascination pour le crime peut, dans de rares cas, se transformer en passage à l’acte. Elles interrogent aussi les limites de la formation académique : jusqu’où peut-on étudier l’horreur sans en devenir l’acteur ?
Un malaise grandissant dans les filières criminelles ?
Le cas de Nasen Saadi relance le débat sur l’encadrement des étudiants en criminologie. Peut-on détecter les profils à risque ? Faut-il imposer un suivi psychologique dans ces filières ? Certains enseignants alertent depuis plusieurs années sur le manque de garde-fous dans les cursus centrés sur les tueurs en série, très populaires chez les jeunes.
Face à cette affaire, le Royaume-Uni a ouvert une enquête sur le suivi universitaire de l’étudiant. Trop tard pour la victime…
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